À Mutanga Nord, commune Ntahangwa, au nord de Bujumbura, le mercredi 18 février, deux journalistes du journal en ligne Jimbere Magazine, Aline Niyonizeye et Olivier Manirambona, ont été brutalement arrêtés sous le prétexte fallacieux d’« entrave à l’exercice de la justice ». Leur crime ? Couvrir l’exécution d’un jugement foncier vieux de plus de vingt ans, rendu par le Tribunal de Grande Instance de Ntahangwa.
Plongés dans l’ombre des cellules jusqu’à ce vendredi 20 février, ils ont été relâchés en début d’après-midi, bénéficiant d’une liberté provisoire grâce à l’intervention courageuse de Vianney Ndayisaba, coordinateur national de l’Association ALUCHOTO de lutte contre le chômage et la torture.
Ce dernier n’a pas hésité à alerter les autorités, y compris le ministre de la Justice, en invoquant l’article 39 de la Constitution burundaise, garantissant la liberté individuelle et protégeant contre les détentions arbitraires : « Nul ne peut être privé de sa liberté, si ce n’est conformément à la loi », rappelle-t-il avec fermeté.
Les accusations contre les reporters — qu’ils auraient voulu privilégier la partie défavorisée dans ce conflit foncier — se sont révélées aussi légères que l’air du jour.
« Les deux reporters avaient pris soin de contacter l’autre partie pour obtenir sa version et assurer l’équilibre dans notre couverture », précise Firmin Ndagijimana, rédacteur en chef de Jimbere Magazine. Une simple démarche journalistique devenue prétexte à détention.
Cette affaire, au-delà du tumulte de Mutanga Nord, met en lumière un combat quotidien : celui de la presse pour informer et équilibrer, même face aux chaînes de l’arbitraire. La libération des deux reporters est une victoire symbolique pour la liberté d’informer et un rappel aux autorités : protéger le droit des citoyens à savoir, c’est protéger la justice elle-même. Car, au final, chaque plume muselée affaiblit la société tout entière.




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