À Kinshasa, se déplacer relève du défi permanent. Embouteillages tentaculaires, bus bondés, taxis surchargés… chaque déplacement se transforme en épreuve d’endurance. Après 16 heures, les tarifs grimpent sans justification, accentuant la précarité d’usagers déjà éprouvés par la rudesse du quotidien.
La capitale congolaise est confrontée à un système de transport public largement insuffisant, vétuste et mal structuré. Dans de nombreux quartiers, la marche demeure la seule option viable. Les « demi-terrains », ces taxis partagés omniprésents, offrent souvent des conditions inconfortables, peu sécurisées et difficilement accessibles aux personnes les plus vulnérables.
Des pistes de solution s’imposent pourtant avec clarté, notamment : réhabiliter et renforcer durablement le service public TRANSCO ; instaurer des tarifs fixes, transparents et socialement accessibles ; encourager des alternatives de transport sûres, modernes et respectueuses de l’environnement.
Se déplacer ne devrait ni être un luxe ni une souffrance. Améliorer la mobilité à Kinshasa, c’est redonner un visage humain à la ville, la rendre plus juste et plus inclusive. Le transport dépasse la simple logistique : il touche à la dignité, à l’accès à l’éducation, à l’emploi et aux soins de santé. En mettant en lumière les dysfonctionnements, mais aussi les solutions possibles, il est permis d’espérer une ville plus vivable et mieux organisée.
Ce que la population attend, c’est un engagement réel et concerté de tous – autorités publiques, opérateurs privés et citoyens – afin que se rendre à l’école, au travail ou au marché cesse d’être un supplice quotidien et redevienne un acte ordinaire, simple et accessible à tous.
Dourga Ekembe Yalite




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