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Éditorial – Grâce Émie Kutino, nouvelle Ministre de la Jeunesse à 25 ans : audace ou inconscience politique ?

La RDC vient de s’offrir un nouveau visage au ministère de la Jeunesse : Grace Émie Kutino, 25 ans, pasteure et célibataire, nommée à la tête de ce portefeuille. Une nomination qui, avant même la remise des clés du bureau ministériel, divise, amuse et irrite.

Le parcours est connu : partie du pays à 5 ans, consacrée pasteure à 17 ans à Paris, retour à Kinshasa en 2019, nomination en 2025. Une trajectoire davantage spirituelle que politique, plus ecclésiale qu’administrative. Son CV laisse peu transparaître une expérience de gestion publique, un ancrage dans les réalités de la jeunesse congolaise ou un parcours académique solide.

La loi congolaise est permissive : pour être ministre, il suffit d’être Congolais et d’avoir ses droits civiques et politiques. Aucun diplôme ni expérience minimale n’est requis. Ce vide réglementaire ouvre la porte aux nominations par affinité, loyauté ou symbole. Mais entre droit et bon sens, le gouffre reste profond. Peut-on diriger un ministère stratégique avec pour seule expérience un pupitre de prédication ?

Le ministère de la Jeunesse n’est pas une salle de prière. Il est au cœur des politiques qui devraient affronter le chômage massif, l’oisiveté destructrice et la marginalisation économique des 70 % de Congolais âgés de moins de 30 ans. Il faut savoir parler budgets, entrepreneuriat, formation professionnelle et diplomatie sectorielle, pas seulement versets bibliques et discours inspirés.

En nommant Grace Émie Kutino, le Président Tshisekedi fait un pari. Mais est-ce un pari pour la jeunesse, ou un simple coup de communication ? Une vitrine séduisante pour dire : « Voyez, nous donnons la parole aux jeunes » — tout en confiant les leviers réels de décision à d’autres mains, plus expérimentées et plus discrètes ?

Si cette nomination se solde par un échec, elle renforcera l’idée dangereuse que la jeunesse n’est qu’un alibi politique. Si elle réussit, elle prouvera que l’audace paie et que le sang neuf peut renverser la table. Mais entre audace et inconscience, la frontière est mince.

La précédente ministre de la Jeunesse, Noella Ayeganagato, s’était distinguée par une incompétence remarquable mais occupe désormais le poste de Vice-ministre des Affaires étrangères. Visiblement, se jouer du peuple congolais semble être une pratique récurrente et assumée par le régime en place.

En attendant, c’est toute une génération qui observe : la jeunesse au pouvoir… ou simplement sur l’affiche ?

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