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RDC : Le gouvernement sanctuarise la baie de Ngaliema et frappe fort contre l’urbanisation illégale

C’est dans l’enceinte verdoyante de la concession UtexAfrica, sur la rive du fleuve Congo, que s’est tenue la cérémonie officielle présidée par la ministre d’État, ministre de l’Environnement et Développement durable, Ève Bazaiba. Devant un parterre de responsables politiques, d’acteurs de la société civile et de partenaires techniques, elle a réaffirmé l’importance écologique de la baie de Ngaliema.

« La sanctuarisation de la baie s’inscrit dans l’optique de la végétalisation des espaces en milieu urbain, une des actions majeures pour atténuer les effets du changement climatique », a-t-elle déclaré.

La ministre a dévoilé un plan de restauration écologique de 15 hectares, mêlant espèces endémiques et exotiques. Ce programme prévoit notamment la replantation de palmiers Malebo — aujourd’hui menacés — ainsi que d’autres essences locales sur les berges. L’enjeu : reconstituer un espace de reproduction pour la faune aquatique, préserver les zones humides, et renouer avec l’identité historique de Kinshasa, « Kin Malebo », souvent oubliée au profit du béton.

« Cette baie, refuge pour plusieurs espèces aquatiques et mammifères comme les hippopotames, doit retrouver son statut d’espace protégé », a insisté la ministre.

Elle a également salué l’implication de Texaf, à travers son ASBL Texaf Bilembo, acteur-clé dans la mise en œuvre du projet, en partenariat avec l’État congolais. Elle a remercié le président Félix Tshisekedi et la Première ministre Judith Suminwa pour leur leadership environnemental dans le cadre du programme de gouvernance verte 2024–2028.

Le directeur général de Texaf, Jean-Philippe Waterschoot, a rappelé les efforts menés depuis 2017 pour protéger ce joyau écologique situé entre les rivières Makelele, Gombe et le fleuve Congo. Il a précisé que la parcelle cadastrée n°41072, cœur du site, fait l’objet d’un contrat interdisant toute construction, morcellement ou changement de destination.

Malgré ce cadre juridique, la baie a subi plusieurs tentatives de spoliation, notamment en 2022, nécessitant l’intervention du gouvernement.

« Nous saluons l’intervention décisive de madame la ministre d’État, Ève Bazaiba. Ce dossier porté au Conseil des ministres est une avancée majeure pour la protection environnementale à Kinshasa », a-t-il affirmé.

Dans la foulée de cette annonce, le ministre provincial de l’Environnement a confirmé une opération musclée de démolition des constructions anarchiques sur les berges de la baie. Dès le samedi 7 juin, les occupants illégaux seront évacués, conformément aux instructions du gouverneur de la ville.

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Cette initiative s’intègre dans un programme plus large de réappropriation des zones inondables et espaces verts à Kinshasa, lancé par le gouvernement provincial pour lutter contre l’urbanisation sauvage.

La cérémonie s’est achevée par la plantation symbolique de trois palmiers Malebo et d’un baobab, par la ministre Ève Bazaiba, aux côtés des autorités nationales et des représentants de Texaf. Un geste fort, symbolisant la volonté de faire renaître un espace menacé, et d’inscrire Kinshasa sur la voie d’un développement urbain plus durable.

La sanctuarisation de la baie de Ngaliema ne représente pas seulement une victoire contre les pollutions et les spoliations. C’est aussi un message d’espoir : celui d’une capitale capable de réconcilier modernité et nature, pour les générations d’aujourd’hui et de demain.

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