Dans les villes du Kivu, où les destins se forgent souvent entre incertitude et courage, certaines trajectoires se dessinent avec la délicatesse d’un fil que l’on tisse patiemment. Celle de Mapendo Basubi Marie-Reine appartient à ces parcours discrets mais lumineux, où la volonté se mêle à la foi, et où les rêves prennent la forme d’une promesse faite à soi-même.
À seulement vingt ans, cette étudiante en sciences de l’information et de la communication incarne une génération qui refuse de se laisser enfermer par les limites du présent. Entre responsabilités familiales, études universitaires et ambitions personnelles, elle avance avec une conviction simple : chaque obstacle peut devenir une marche vers l’avenir.
Une enfance entre deux villes et mille leçons de vie
Née le 17 mars 2005 dans une famille monogamique de M. Basubi Hamuli Emmanuel et de Mme Kamango Jolie, Mapendo Basubi Marie-Reine grandit entre Bukavu et Goma, deux villes qui ont façonné son regard sur le monde.
Son enfance porte la marque des valeurs transmises par ses parents et l’affection de ses grands-parents aujourd’hui disparus. C’est dans ces moments familiaux, faits de simplicité et de tendresse, que la jeune femme apprend les premières leçons de patience et de dignité.
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S’abonner →Très tôt, elle comprend que la vie n’est pas toujours un terrain balisé. Mais au lieu de se laisser détourner par les difficultés, elle apprend à se contenter de ce qu’elle possède et à avancer sans chercher l’approbation des autres.
Quand les rêves hésitent entre couture et communication
Comme beaucoup d’adolescentes passionnées par la création, Mapendo a longtemps rêvé de devenir styliste. Le bricolage, l’esthétique et l’imagination occupaient ses journées. Elle se voyait déjà grande couturière, dessinant des silhouettes et façonnant des tissus comme on sculpte un rêve.
Mais la vie a parfois ses propres détours.
À l’obtention de son diplôme d’État, un doute s’installe : couture ou journalisme ? L’hésitation devient un carrefour intérieur. Finalement, elle choisit la voie de la communication, presque à la dernière minute.
Un choix qui n’a pas été immédiatement facile à accepter.
« Passer de la passion pour la couture à la communication m’a laissé des regrets au début », confie-t-elle avec lucidité. Mais avec le temps, elle a appris à embrasser ce chemin et à y trouver son propre sens.
Aujourd’hui, elle est étudiante à l’Université Catholique La Sapientia de Goma, où elle s’approche progressivement de la fin de son cycle universitaire.
Étudier, travailler, persévérer
Comme beaucoup d’étudiantes du Kivu, Mapendo ne se contente pas de suivre ses cours. Elle vend également en ligne pour subvenir à certains de ses besoins.
Derrière cette activité se cache une réalité familière pour la jeunesse congolaise : celle d’une génération qui doit apprendre très tôt à conjuguer ambition et débrouillardise.
Pour l’aînée de sa famille, la responsabilité est encore plus forte.
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Sa motivation quotidienne repose sur un objectif clair : réussir pour construire un avenir meilleur et soutenir les siens.
Une jeune femme portée par la foi et l’optimisme
Face aux incertitudes de la vie, Mapendo a trouvé ses propres repères. La prière, la patience et l’optimisme constituent son rituel intérieur.
Ce ne sont pas de simples mots pour elle, mais une manière de tenir debout lorsque les circonstances vacillent.
Son parcours, dit-elle, lui a appris à garder la tête haute malgré les épreuves.
Sa devise résume cette philosophie simple mais puissante : « Ne jamais baisser les bras, avancer malgré tout. »
Une voix pour les femmes et les jeunes filles
Si Mapendo poursuit ses études avec détermination, c’est aussi parce qu’elle souhaite devenir une source d’inspiration pour les femmes et les jeunes filles.
Elle observe avec espoir l’évolution de la place des femmes dans la société congolaise. Selon elle, les mentalités changent progressivement : les femmes étudient davantage, accèdent à des responsabilités et participent pleinement à la vie publique.
Mais dans la région du Kivu, les défis restent nombreux. L’insécurité, la pauvreté et les difficultés d’accès à l’éducation continuent de freiner l’épanouissement de nombreuses femmes.
Face à ces réalités, son message est clair : croire en soi et avancer malgré les obstacles.
Rêver d’un Kivu apaisé
Lorsque Mapendo se projette dans l’avenir, son regard dépasse largement son destin personnel.
Dans vingt ans, elle imagine un Kivu transformé : une région en paix, dotée d’écoles et d’hôpitaux accessibles à tous. Un espace où les femmes dirigent des entreprises, où les familles vivent dignement et où les jeunes trouvent des emplois stables.
Un Kivu où l’espoir ne serait plus un luxe, mais une évidence.
Avancer, toujours
À la question du message qu’elle souhaite transmettre à ceux qui liront son histoire, Mapendo répond avec une simplicité qui résonne comme une sagesse précoce :
La vie, dit-elle, place souvent des obstacles sur notre chemin : les doutes, les difficultés financières, les incertitudes.
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Mais tant qu’il y a la vie, il y a aussi l’espoir.
Alors, insiste-t-elle, il faut continuer d’avancer. Car le courage d’une personne peut devenir la lumière qui guide les autres.
Et dans les rues de Goma, où tant de jeunes cherchent encore leur voie, cette conviction a déjà la force d’un horizon.




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