Chaque vendredi, le cœur de l’État congolais bat au rythme du Conseil des ministres. Depuis son accession à la magistrature suprême, Félix Tshisekedi a fait de ce rendez-vous hebdomadaire un espace de pilotage stratégique : là se disent les priorités, s’adoptent les textes et se dessinent les trajectoires censées irriguer l’action publique. Un rituel de gouvernance, pensé comme une boussole.
Mais entre la parole et l’action, l’écart persiste. Certaines instructions présidentielles, malgré la succession des gouvernements, se sont dissoutes dans les sables administratifs. Conscient de cette inertie en ce début d’année, le Chef de l’État a sonné le rappel à l’ordre lors de la 80ᵉ réunion du Conseil des ministres tenue à la Cité de l’Union africaine. Il a exigé une exécution diligente, rigoureuse et conforme à l’esprit des orientations données, rappelant que ces instructions procèdent directement de sa vision et de ses priorités stratégiques.
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S’abonner →Dans sa communication, le Président a insisté sur la responsabilité collective et individuelle des membres du gouvernement et des institutions concernées. La délivrance des résultats dans les délais impartis n’est plus un vœu pieux : elle devient une condition de cohérence, d’efficacité de l’État et de redevabilité envers le peuple congolais, seul détenteur de la souveraineté. À l’ère des attentes accrues, seuls comptent désormais des résultats concrets, mesurables et perceptibles par les citoyens.
C’est dans cette logique que la Première ministre Judith Suminwa a été chargée de conduire, avec l’appui de son cabinet et de la Présidence, un inventaire exhaustif et documenté de l’ensemble des instructions présidentielles. L’exercice vise la transparence, l’évaluation objective des performances et le renforcement de la discipline gouvernementale, avec à la clé des mesures correctives si nécessaire.
Cette interpellation résonne dans un contexte sociopolitique marqué par une impatience citoyenne palpable. Les Congolais attendent des réponses tangibles à leurs préoccupations quotidiennes. L’exemple de l’évaluation annoncée après les révélations de l’ancien ministre des Finances Nicolas Kazadi — sur la création de 53 institutions sans assise financière suffisante — demeure emblématique : l’instruction de rationalisation, pourtant claire, tarde encore à se matérialiser.
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Au fond, l’enjeu dépasse la simple exécution administrative. Il s’agit de restaurer la crédibilité de l’action publique et de réconcilier l’État avec le temps des citoyens. Si le vendredi du pouvoir exécutif parvient à se transformer en levier d’actions effectives, alors la gouvernance congolaise pourrait amorcer un tournant décisif : celui où la décision cesse d’être un écho lointain pour devenir une réponse durable aux attentes d’une nation en quête d’efficacité et de sens.




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